L'histoire de l'école
L'école porte le nom de René-Guénette qui a vécu de 1897 à 1954. Après trois ans d'études à l'école normale de Saint-Cloud et à la Sorbonne, il a enseigné le français à l'école supérieure Le Plateau, a été nommé par la suite directeur de la revue pédagogique L'École canadienne et a terminé sa carrière comme secrétaire adjoint de la Commission des écoles catholiques de Montréal, l'employeur pour lequel il avait toujours travaillé. L'école a ouvert ses portes en septembre 1964. À ce moment, elle accueillait plus de 1230 enfants. Les garçons et les filles étaient séparés. Le personnel se composait d'un directeur, d'un directeur adjoint, de deux secrétaires et de 32 enseignants. De 1974 à 1976, l'école a été occupée, en partie, par des élèves de 1er secondaire.
Le service de garde a pris naissance à l'automne 1981 et portait le nom de "La Ruche". C'est en septembre 1984 qu'on lui donne un nouveau nom "l'Enfantastique".
Qui était René Guénette ?
Trois ans d'études à l'École normale de Saint-Could et à la Sorbonne, de 1923 à 1926, permirent au jeune instituteur d'ajouter d'autre titres à ceux qu'il possédait déjà, d'acquérir, entre autres choses, une réelle maîtrise de la langue française et une solide préparation pédagogique. Revenu à Montréal, il se vit confier, par la Commission des Écoles catholiques, l'enseignement du français aux élèves de l'École supérieure Le Plateau. C'est là que René Guénette devait donner le meilleur de lui-même pendant quinze ans, c'est-à-dire jusqu'au jour où il assuma la direction de la revue pédagogique, l'École canadienne. René Guénette avait compris qu'il importait à l'instituteur de connaître à fond ses élèves, de les traiter avec justice pour pouvour agir sur eux et les bien former, d'accord avec Montesquieu sur la nécessité de connaître pour aimer et d'aimer pour mieux connaître. Auprès des petits d'abord, puis des plus grands, témoignant une préférence marqué envers les natures difficiles, ne réservant pas ses attentions et ses sourires aux seuls premiers de classe, il voulait être et, au dire de tous ceux qui reçurent ses leçons, il fut sans conteste "le professeur préoccupé non seulement d'instruire ses élèves, mais de former leur coeur, leur caractère, leur âme, selon la tradition chrétienne. Lorsqu'il fut élu à la Société Royale, en juin 1952, René Guénette ne cacha point la satisfaction profonde qu'il éprouvait. Les fonctions responsables et les honneurs ne lui avaient pourtant pas manqué. Secrétaire adjoint de la Commission des Écoles catholiques de Montréal, président ou membre de maintes sociétés culturelles et philantropiques, chargé de missions en Europe, commandeur de l'Ordre du Mérite scolaire, il n'avait ménagé ni son temps, ni ses forces, ni ses conseils. Professeur à la Faculté des sciences sociales, économiques et politiques de l'université de Montréal, conférencier recherché en raison de ses vastes connaissances, de sa parole élégante et chaude, de son esprit vif, il donnait l'exemple d'une activité débordante. La Société Royale lui offrirait (du moins y comptait-il beaucoup) une sorte de tribune d'où sa voix porterait plus loin encore. Au surplus, cet enseignement qu'il avait distribué un peu partout, par la plume et par la parole, René Guénette avait pris soin d'en ramasser la substance dans les livres. À huit ans d'intervalle, il avait publié Essais sur l'éducation et la Cité nouvelle, deux recueils de bonne frappe qui, à eux seuls, méritaient de lui ouvrir les portes de l'académie où de fidèles amitiés lui réservaient depuis longtemps une place de choix. Accueilli publiquement et solennellement dans les rangs de la section I, au cours d'une séance mémorable, le 23 novembre 1952, René Guénette reporta sur l'enseignement primaire l'honneur dont il était l'objet. N'avait-il pas consacré une partie de sa vie "à attirer et retenir l'attention des élites et du public sur l'institution qui est à la base de l'édifice culturel de toute nation, sur les ouvriers les plus humbles de cet édifice", sur le milieu où pendant plus de trente ans, s'était exercée son activité professionnelle? Tel était bien le sens de son élection, de cette étape nouvelle qui consacrait sans doute une oeuvre fort utile, mais qui en annonçait aussi le prolongement. La mort brutales, survenue le 21 décembre 1954, n'aura pas permis à René Guénette de donner suite à ses projets, de faire rayonner davantage sa pensée lucide et sa bienfaisante action. Les bons ouvriers ne sont pas tellement nombreux. René Guénette en fut un. Puisse son exemple nous inspirer tous dans la poursuite des luordes tâches qui nous réclament! Texte de Jean Bruchés
C'est à Saint-Jovite que naquit, le 21 décembre 1897, René Guénette, et c'est sur un petit monde de colons-défricheurs que s'ouvrirent les yeux de l'enfant. Quand il eut terminé ses premières classes chez les Soeurs de la Sagesse, il passa chez les Jésuites du Collège Sainte-Marie, à Montréal, qui le plièrent avec autorité aux disciplines classiques. Il crut un instant que l'état ecclésiastique le réclamait et il entra au Grand Séminaire de la métropole. Mais il comprit vite que sa place était ailleurs et, comme il avait du goût pour l'enseignement, il choisit de devenir maître d'école. Après avoir décroché un premier diplôme, puis une licence en pédagogie de l'Université de Montréal, il obtint une bourse du gouvernement de la province du Québec.